Matériaux rares
Serge Amoruso
Pierre Corthay
Guy Chanel
Atelier Graveline
Atelier Migeon
Christian Bonnet
Atelier Michel Germond
Atelier Etienne
Marbrerie Rouger

Isabelle et Pascal Graveline – Formerly journalists, Isabelle and Pascal Graveline shared a passion for fine antique cutlery. Following extensive research, they made the leap and opened a fine cutlery atelier for making identical replicas of luxury knives from the 17th to the 19th centuries. The Gravelines work for luxury boutiques, individuals, and collectors.

Nacre blanche, nacre noire, ivoire et écaille, « une symphonie de matériaux du XVIIIe siècle » compose les manches des couteaux Graveline. Des 'couteaux fermants' qui recréent des pièces rares de l'époque, dites 'de maîtrise'. Et qui tous sont un défi : « découvrir la logique du système, trouver les (bonnes) solutions aux questions qui se posent pour le reconstituer, et dégager une ligne harmonique qui fera vibrer notre couteau comme l'original ». Un dialogue à travers le temps entre maîtres couteliers du passé et jeunes couteliers de grand talent, Isabelle et Pascal Graveline : « Je suis jeune, je viens de me marier, ma femme est belle, c'est le printemps, je suis heureux », ont-ils trouvé (en anglais) dans un couteau XVIIIe qu'ils restauraient...

Gravé d'un seul élan, signé d'initiales, le message était pour eux : le couteau n'avait jamais été restauré. Ils l'ont interprété ainsi : « Le sentiment de plénitude que j'éprouve pour avoir réussi ce couteau, je vais le dire à celui qui aura à le restaurer. S'il y réussit, il éprouvera à son tour une grande jouissance intérieure ». Isabelle et Pascal en ont été capables. Et pour eux aussi, « chaque moment à l'établi est pleinement vécu, comme un bonheur profond. Même si notre vie d'artisan est une prise de risque permanente : durant les deux mois que peut durer la fabrication d'un couteau, nous nous demandons à chaque coup de lime si ce n'est pas le geste de trop ».

Coutelier – coutelière, le couple Graveline. L'un réalise les lames, étudie 'le ventre du couteau', réapprend le mécanisme, le recrée – « Ne jamais oublier que la mariée est souvent trop belle pour être honnête : la sophistication du couteau XVIIIe cache souvent quelques diableries, et on ne peut le travailler qu'au senti, pour ne pas dire à l'instinct ». L'autre sculpte les manches d'ivoire, façonne les manches de nacre et d'écaille, cisèle l'argent des 'mitres' qu'elle forme à la lime-aiguille. Ils ont quitté la vie de journalistes pour vivre leur passion : les couteaux... s'ils ont « un intérêt historique incontestable, une esthétique et une sobriété de lignes remarquables, et enfin des difficultés techniques susceptibles de nous amener à la redécouverte d'anciens tours de main aujourd'hui disparus ».

Leurs couteaux, à Pregny, sont tous nés de rencontres exceptionnelles. Le 'couteau à grimaces' avec manche d'ivoire est la première réplique d'une exclusivité pour un aristocrate « fantasque, d'après l'étrangeté du mécanisme à secret que recèlent la lame bronzée noire et le damasquinage d'or »... Pièce unique aussi que le 'Bonaparte', par cette technique retrouvée d'incrustations d'or et d'argent dans l'écaille... Raffiné à l'extrême, 'l'Emigré royaliste' avec son manche à deux faces, la sombre et la claire, en écaille et ivoire, ses médaillons gravés « Le Roi est mort » et « Vive le Roi ». D'une élégance rare, manche de nacre blanche et d'argent gravé, le couteau de mariage créé par le père de Diderot. Racé, manche en nacre noire à bagues d'argent ciselé, ce 'Couteau d'amis' à « effet fraternité » garanti dès qu'on le partage en deux (système de tenons plus glissières) pour l'offrir à son hôte le temps d'un repas, voire plus si affinités.

Nacre, ivoire, écaille, en coutellerie fine