Matériaux rares
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Marbrerie Rouger

Marbrerie Rouger, represented by Jean-Yves Rouger. The atelier contains extraordinary reserves of very beautiful marbles, which are used in the restoration of art works such as statues, balusters and basins for museums, historic monuments, antique dealers, and collectors... The marbles are also used in contemporary expression for designers and decorators: luminous alabaster walls, marble floor mosaics or tables, fountains and basins...

Il voyage. Avec les carrières abandonnées pour étapes, et elles sont en abondance « une centaine dans le Minervois, l'Hérault, perdues dans la garrigue »... A la recherche des blocs de marbres à racheter. Des marbres qu'on utilisait sous Louis XIV, Louis XV et Louis XVI, et que l'on ne trouve plus. Parce que les carrières sont épuisées (comme les noirs intenses de Sablé, en Bretagne), ou si peu rentables... Mais Jean-Yves Rouger sait lier connaissance : « Tout le monde aime son pays ; quand tu dis que tu es marbrier (surtout pas parisien !), on te les indique vite, les carrières abandonnées ». En France comme à l'étranger.

Et il trouve. « Il faut connaître les structures géographiques ». Il connaît. Les rouges des Flandres, différents selon les 'bancs', strates géologiques ; les Griottes de l'Hérault ; les Serpentines et Verts de Savoie ; les marbres des Pyrénées (Sarrancolin, Campan, Noir Grand Antique...) ; ceux de Mayenne, comme le rouge Saint-Berthevin, ou le Bois-Jourdan, qui dalle le Belvédère à Versailles... et qui forme le plateau de la table de château présentée à Pregny. Un plateau de 6,64 mètres, taillé dans un seul bloc de Bois-Jourdan, et porté par 16 balustres dont la moitié en brèche rose d'époque Louis XIV, et l'autre moitié en répliques de marbre blanc de Carrare, en alternance, à la manière du XVIIe siècle...

Il a retrouvé la carrière oubliée des magnifiques Sarrancolins des colonnes de l'Opéra Garnier. Et surtout, son 'front de taille', avec les empreintes de leur extraction « à la main, à la 'pointerolle', un travail de Romain ». Jean-Yves Rouger a acheté cette pièce historique. Il l'a fait débiter en blocs géants. Il en a apporté un à Pregny.

« J'adore acheter comme ça. Les négociants, à Carrare et Vérone, ou à la Foire de Nuremberg, proposent toujours les mêmes marbres. Pour le marché du bâtiment, ça va. Moi, je recherche des marbres pour les restaurations, ou les décors dans l'esprit d'époque. Quand j'utilise des marbres modernes, comme celui d'un petit village dans une baie près d'Athènes, je les fais extraire dans le sens que je veux : tout comme il y a le 'bois de file' (dans la longueur) et le 'bois de bout' (la tranche), il y a les 'passes' et 'contre-passes' du marbre, qui donnent des aspects 'à lignes' ou nuageux.

Dans la Cour des Communs, les tables basses sont en pierre de Paloma, proche de la pierre de Lens (les arènes de Nîmes). La pierre de type lithographie est extraite d'une carrière de Tonnerre, fermée depuis peu ; en bord du canal de l'Yonne, elle alimentait Paris par barges (sculptures de l'Hôtel de Ville, dallage du château de Bièvres). Quant à l'Onyx d'Iran (une fluorine, en fait), il provient d'une carrière utilisée sous la haute antiquité, et réouverte. Message d'espoir pour les amateurs de marbres précieux !

Marbres précieux