Matériaux rares
Serge Amoruso
Pierre Corthay
Guy Chanel
Atelier Graveline
Atelier Migeon
Christian Bonnet
Atelier Michel Germond
Atelier Etienne
Marbrerie Rouger

Simon-Pierre Etienne and his compagnons working in his atelier restore furniture, marquetry and objets d'art of the 17th and 18th centuries essentially for individuals and a few art professionals.

Quand on a une question pointue dans le champ des arts décoratifs, quand on veut entrer dans le détail d'une subtilité de style, trouver une adresse rare, le conseil, dans Les Grands Ateliers, est toujours « Demande à Simon ». Et c'est vrai que Simon-Pierre Etienne a toujours la réponse. Avisée, justifiée, expliquée. Qu'il donne avec la même disponibilité, la même patience, d'où qu'il soit, son atelier, une exposition, une de ces ventes qu'il fréquente en tant que conseil d'un client. Car Simon Etienne est nourri d'art et de culture depuis son enfance. Il est né dans une lignée d'antiquaires qui remonte à 1820. Et il s'est faufilé derrière son père dans les ateliers de restauration.

C'est dans ces ateliers qu'il s'est formé l'œil à l'esthétique, l'équilibre, la pureté d'une ligne, la nervosité d'une sculpture, la finesse d'un bronze ; qu'il a acquis le goût pour le siècle de l'aristocratie des styles qu'est le XVIIIe, et pour ses marqueteries « en bois des îles comme on disait à l'époque ». Ces bois dont il cite les noms avec un plaisir de gourmet : acajou, ébène, palissandre ; bois d'amarante, de rose, d'amourette, de corail ; bois violet, bois tabac, bois satiné... Ces bois mis en teintes avec un appétit de couleurs qu'il se fait une joie de redécouvrir, et de faire découvrir, sur l'envers de chaque marqueterie qu'il dépose, aussi fine soit elle, au cours d'une restauration (pour stabiliser et remettre à niveau son support, le bâti du meuble, avant de remettre la marqueterie en place)...

Car Simon-Pierre Etienne a choisi le métier d'ébéniste lorsqu'il s'est avéré beaucoup trop jeune au moment où il aurait fallu reprendre le commerce familial des antiquités. Mais ébéniste restaurateur, car il demeurait alors dans le domaine du meuble de collection et de l'objet d'art. Ses connaissances lui permettaient d'aborder toute restauration avec le souci de la resituer dans son contexte, de l'adapter à l'époque et à la qualité du meuble.

Pour l'exposition de Pregny, il a longuement réfléchi. Que présenter, qui soit à la hauteur de l'accueil fait aux Grands Ateliers et de la confiance placée dans leur qualité ? C'est chez lui qu'il a trouvé la réponse. Avec ce secrétaire Louis XVI de dame, discret, joli de proportions, et d'une authenticité indiscutable : il n'était jamais sorti de la famille. Sauf une fois : pour être présenté à la première exposition des Grands Ateliers, « Les Ors du Temps » (en 1995, dans un hôtel particulier proche de la place des Vosges, investi durant quatre jours), où le raffinement de la marqueterie à fleurs, la fraîcheur de ses couleurs à l'intérieur de ses tiroirs, avaient attiré l'intérêt des amateurs.

Par précaution, le secrétaire a été soumis au test de la radiographie. La confirmation a été rapide, et sans appel : aucune trace d'intervention n'était décelable. Dans son grand atelier lumineux, Simon et ses compagnons ont toutefois examiné le meuble sous tous les angles, déposé les marqueteries « de fleurs quadrilobées dans des carrés sur pointe délimités par des jeux de filets ». Ils ont vérifié les détails point par point. Verdict : sain, intact, 'dans son jus'. Bref, bon pour le voyage à Pregny.

Bois des îles