Métiers rares
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Bernard Veillault
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Pascal Berland
Atelier Pierre Reverdy
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Ateliers Gustave Gernez
Jacques de Champfleury
Florence Bonnimond-Dumont
Alain Bouchardon

France Bonnimond-Dumont was trained at the French Artwork Restoration Institute in Paris and in ateliers. Often confronted with the ethical problems of restoring paintings, murals and frescoes, she gives a great amount of thought to respecting the work as the artist intended it; to the modifications added over time, such as the «modest veils» placed over nudes in the 19th century ; and to resistance of the work to future wear and tear.

Restaurer un tableau, c'est lire dans son passé. Le prévu, le prévisible, et l'imprévu. Le prévu, c'est de retrouver la palette du peintre, de redécouvrir des détails oubliés, en éliminant les vernis jaunis par le temps. Le prévisible, c'est d'inventorier les modifications plus ou moins heureuses apportées à l'œuvre au cours de son histoire (comme ces « voiles pudiques » ajoutés au XIXe siècle sur les nus que l'on n'aurait su voir...), pour dégager la démarche aboutie de son créateur... L'imprévu, c'est le piment du métier.

 

Ce que recherchait France Bonnimond-Dumont dans cette « Scène de mariage » flamande du XVIIe siècle à présenter à Pregny, c'était une signature ; ce fut un monogramme à trois lettres qu'elle trouva, curieusement apposé sur la face sombre d'un tonneau que chevauche un personnage, et qu'il lui faudrait identifier.

L'imprévu, lui, a été révélé par la lumière « affleurante » et confirmé par les photos : un tableau sous le tableau. La toile déjà utilisée pour une œuvre. Et pas n'importe laquelle : il n'en reste qu'un personnage, au centre. En costume d'apparat, le sceptre à la main. « Une reine, ou une vierge couronnée, ce qui expliquerait que le peintre suivant n'ait pas osé badigeonner de blanc cette figure sacrée, comme le reste de la toile lorsqu'il l'a récupérée ».

Alors naissent d'autres questions : cette silhouette, haute de 30 centimètres, de quand date-t-elle ? Elle semble plus ancienne, d'à peu près un siècle. De quelle qualité était l'œuvre dont elle est la rescapée ? Les réponses viendront peut-être plus tard. Le dossier constitué par France, comme tout restaurateur de qualité, laissera à d'autres professionnels la possibilité de « lire » son analyse ainsi que la restauration faite – voire de l'annuler, si l'on désirait retrouver l'objet dans son intégrité.

France Bonnimond, formée en atelier, celui de Jean-Louis Bouchez, puis par une collaboration avec le restaurateur des Musées de France André Mielniczek, et à l'Institut Français de Restauration des Œuvres d'art, l'IFROA, mène une réflexion en profondeur sur le respect des œuvres, sur leur conservation face aux agressions que l'on peut anticiper, sur les limites d'une restauration digne de ce nom. Elle est la « Madame Ethique des Grands Ateliers »...

Restauratrice de tableaux... fresques et huiles sur bois