Métiers rares
Patrick Desserme
Gilles Chabrier
Etienne Rayssac
Atelier Groux
Atelier Pierre Bonnefille
Bernard Veillault
Alain de Saint Exupéry
Pascal Berland
Atelier Pierre Reverdy
Atelier Jean-Luc Seigneur
Ateliers Gustave Gernez
Jacques de Champfleury
Florence Bonnimond-Dumont
Alain Bouchardon

Jacques de Champfleury – Lithographer (fabricating). «Lithography is a printing technique that dates from the end of the 18th century, the only surviving part of which is the artistic aspect, the most interesting as its constant creativity makes it very modern», says Jacques de Champfleury. His work is «the fruit of a close collaboration with the painters, as we must impart to the stone the message they have in their heads». The stone in question is an extremely pure, very dense limestone, with a very fine grain, which is found near Munich.

Métier rare ou matériau rare ? Il y a hésitation. D'une part, ils sont une poignée, les lithographes sur pierre comme Jacques de Champfleury. D'autre part, la pierre de lithographie se conserve et se transmet comme un trésor d'atelier. « C'est un calcaire presque pur, très dense, au grain très fin », parfaitement homogène, légèrement cristallin avec 5 à 6 % de silice, qui prend un beau poli, mais garde un peu de porosité. « Un calcaire de l'époque jurassique, que l'on va chercher près de Munich », à Solnhofen au bord du Danube. Ou dans un atelier qui ferme...

 

Métier en peau de chagrin, c'est sûr, mais « très moderne par sa créativité permanente : de la technique d'impression découverte à la fin du XVIIIe siècle, il ne subsiste que la partie artistique, la plus intéressante », souligne Jacques de Champfleury. « La lithographie est un medium bien plus qu'une technique de reproduction. Où, de par la simplicité du matériel utilisé par le peintre (ses propres pinceaux et des crayons), la liberté est totale, et où les résultats, parfois surprenants, ouvrent de nouvelles pistes. C'est ainsi que depuis Goya, en passant par Toulouse-Lautrec, et plus récemment Miro, Braque ou Picasso, bon nombre de grands artistes ont laissé trace de leur passage sur nos pierres. Notre travail est le fruit d'une étroite collaboration avec le peintre, car il faut donner à la pierre le message qu'il a en tête ».

Il y a démonstration sur le terrain à Pregny. Jean-Baptiste Sécheret était venu dessiner le parc sous les angles qui l'inspiraient. Puis Jacques de Champfleury, dans son atelier de lithographie à Paris, a traduit, avec lui, ses croquis sur pierre. Pour l'exposition, certaines de ces pierres ont fait le voyage Paris – Pregny. La presse à lithographie aussi. Afin que la technique sorte de l'ombre de l'atelier. Cette technique qui fit la révolution dans le domaine de l'estampe, lorsque Senefelder découvrit ce calcaire qui absorbe l'eau et rejette la graisse... Première étape : avec un « crayon spécial qui refuse l'eau », l'artiste effectue un dessin directement sur la pierre, en inversant le sujet comme s'il le voyait dans un miroir. S'il dessine en extérieur, il peut travailler sur un papier spécial et dans le bon sens, puisqu'il va ensuite « transférer » l'œuvre (l'imprimer) sur la pierre. Deuxième étape : la pierre est humidifiée et encrée d'une encre grasse. Troisième étape, l'encre adhère à la partie dessinée, et à elle seule. Résultat : il faut réaliser autant de pierres que de couleurs à imprimer...

Procédé rapide pourtant, utilisé dans les journaux jusqu'à ce que la photographie le détrône, la lithographie fut vite adoptée par les artistes qui ont voulu explorer toutes les possibilités de ce nouveau moyen d'expression, en particulier dans le domaine de la couleur, en poussant les lithographes à toujours plus de subtilités techniques...

Lithographe