Objets curieux
Christian Thirot
Philippe Prutner
Xavier Linard
Lison de Caunes
Louis-Marie Arnaudeau
Atelier d'art Martine Flé
Atelier d'art Martine Flé

Louis-Marie Arnaudeau and his compagnons offer increasingly rare expertise in the art of stucco and staff. The techniques are different but they have a communal base: the use of plaster for decorative and mechanical applications. Stucco is a plaster covering in imitation of marble or stone; staff is a sculptured element, molded to make cornices and molds; molds or casts make it possible to make models of statues, vases, to create exact reproductions.

Ici, on parle décor. Décor de plâtre, qui se traite en stuc, staff, et ces « gypseries » qui foisonnent dans les hôtels XVIIe-XVIIIe d'Aix... Louis-Marie Arnaudeau en a réalisé une pour l'exposition. Une rosace géante, inspirée de l'hôtel de Soubise dans le Marais, agrandie à 3,60 mètres de diamètre afin d'attirer l'œil sur la richesse du détail, et sur la « nervosité » des « modelages » qui fait sa réputation (on ne dit pas « sculptures » chez les staffeurs – stucateurs – ornemanistes).

« Gypserie » est né de gypse, ce calcaire qui, broyé et cuit, devient la poudre de plâtre que l'on mélange à l'eau et qui sèche à l'air. « Un matériau naturel, simple et sain : il absorbe l'eau par temps humide, assure la fraîcheur par grandes chaleurs - surtout s'il est posé sur un mur de brique ». Toujours blanc (avec des nuances selon les carrières), il accepte les revêtements peints, utiles pour dissimuler les raccords...

Le « plâtre de construction » (brique et plâtre) soutient les voûtes d'escalier sarrasines, et les ardoises du toit de l'Assemblée nationale. Le « plâtre de façade » (« le meilleur des apprentissages ») habille l'île Saint-Louis. Le « staff », revêtement décoratif intérieur, demande une régularité dans la matière et dans le moulage de surfaces. Le « stuc », le vrai, le « stucco autrichien » à base de plâtre, de pigments et de colle de peaux, exige une rigueur sans faille, qu'il soit « stuc-pierre » ou « stuc-marbre », comme cette demi-colonne façon marbre du Languedoc, exposée à Pregny.

La créativité s'exprime dans les « gypseries ». Travail dans la masse, plus noble, d'ornemaniste. « Il n'y a aucun écrit sur le sujet. C'est une question de feeling plus un tour de main »... Car la matière est d'une grande sensibilité : on travaille les éléments à l'état brut, selon les conditions de soleil, d'hygrométrie... qui diffèrent d'un jour à l'autre. Alors on mélange les poudres de plâtres, on fait des 'surcuits', comme les potiers d'Afrique mélangent leurs terres selon le temps.

Louis-Marie Arnaudeau a appris le dessin pour être peintre en lettres ; puis il a appris les bases du métier de plâtrier chez les Compagnons du Devoir – le staff ornementé, le moulage et le stuc. « Ce qui m'a plu dans le plâtre, c'est le volume que je ne trouvais pas dans la peinture ».

Gypseries, staff et stuc