Objets curieux
Christian Thirot
Philippe Prutner
Xavier Linard
Lison de Caunes
Louis-Marie Arnaudeau
Atelier d'art Martine Flé
Atelier d'art Martine Flé

Philippe Prutner is an outstanding craftsman in restoring antique clockwork, reconstructing missing or badly damaged pieces. But since he works in contemporary clock-making, his mastery asserts itself in so-called « complication » mechanisms, which he designs and assembles: perpetual monthly calendars, time equations, lunar and planetary-phase calendars; chimes, chronographs and others; and small « mystery » clocks for the great jewelry houses.

Philippe Prutner tient à son titre de « mécanicien horloger ». Parce qu'il crée, réalise et restaure « tout mécanisme à complication ayant un rapport avec l'horlogerie ». En protégeant les pièces de la poussière par des globes de verre ; sans les toucher avec la main (à cause du film lipoïdique) mais avec des « brucelles » (pinces très effilées) ; et sans souffler dessus (à cause de l'humidité de l'haleine) sinon avec une soufflette comme pour les objectifs photo...

Son domaine, donc : les arts mécaniques pour objets de collection. Des carillons de timbres pour pendule, comme ce fac similé des carillons XVIIIe « à 6 mélodies, 17 timbres, avec remontage une fois par semaine ». Des pendulettes mystérieuses pour les grandes maison de joaillerie. Des mécanismes d'automates (son activité principale). Que ce soit dans le domaine du minuscule, « une montre dissimulant le théâtre d'une scène polissonne de 32 secondes »... Ou de l'imprévisible : des animaux, des tortues en l'occurrence, dont la périodicité du mouvement est aléatoire, permettant de lancer courses et paris. Ou du grandiose, des réalisations d'apparat... Et des planétaires, dont le système solaire complet fonctionne en temps réel, comme celui qu'il a restauré avec Christian Thirot ; ou des « tellurium », qui se cantonnent dans le système terre-lune-soleil...

Le tellurium – nom latin, mot d'initié –, que Philippe Prutner a créé pour l'exposition de Pregny (et que Christian Thirot a habillé de verre églomisé) est une première : « une combinaison arithmétique d'engrenages originale, qui donne la meilleure précision jamais obtenue dans la révolution synodique de la lune ». Le mouvement terrestre est de 24 heures « en moyenne », la révolution de la lune est de 29 jours, 12 heures, 44 minutes et 3 secondes, « en moyenne » aussi. Le tour de force était d'arriver à une précision d'1/10e de seconde par mois lunaire...

Quand on l'écoute, c'est simple, un mécanisme à complication, « cela obéit aux lois de la géométrie et de l'arithmétique ». Pourtant, Philippe Prutner n'a pas de concurrent en France. Cinq ans de formation à l'Ecole d'Horlogerie de Paris, puis des années auprès de son père, horloger de renom, c'est une base comme on n'en fait plus « depuis la révolution du quartz ».

Mécanismes à complication