Objets précieux
Fernando Moreira
Youri Dmitrenko
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Youri Dmitrenko – Restoring gilded wood objects and polychromes. Youri Dmitrenko has a remarkable breadth of culture, acquired during what could be called a European tour of the Fine Arts universities. And the richness of this culture is evident in his choice of golds and the subtlety of their patinas, adapted to the origins and the history of the 17th to 20th century works he restores, for museums and major collectors.

Erudit, précis, méticuleux, Youri Dmitrenko restaure les fonds d'or des primitifs italiens, de l'Art déco (un peu) et (surtout) des bois dorés à partir du XVIIe siècle : cadres, sièges, décors peints rehaussés d'or... Il s'intéressait aux techniques picturales anciennes, pour la restauration de tableaux. « Un jour j'ai été confronté à la dorure sur bois. J'ai voulu en savoir plus. J'en ai fait mon métier ». Et il en sait long sur cette dorure « connue des Egyptiens, pratiquée des Grecs, utilisée au Moyen Age, et dont le grand développement est dû à l'afflux d'or venu d'Espagne aux XVIe-XVIIe siècles, qui permit aux batteurs d'or de rationaliser leur technique ».

Il travaille avec sa femme Anne, va accueillir son cinquième apprenti, fier que les précédents soient restés dans le métier.

Un métier qui est sa passion, et son souci : « les matières premières font (souvent) défaut, influant sur le travail, provoquant des pertes de temps »...

« On trouve des feuilles d'or aux épaisseurs que l'on veut ; mais plus brillantes qu'autrefois ; avec une tendance à mal s'étendre, à se recroqueviller en séchant », ou à "dépouiller" si le "brun" qui leur permet de glisser des intercalaires (en plastique aujourd'hui, en papier Montgolfier hier, en parchemin jadis) est trop gras ; « et porteuses de marbrures si elles ont été battues trop vite ».

La colle, que l'on utilise à tous les stades (apprêt, encollage des bois, préparation de "l'assiette", patines, matage de la dorure), est devenue « trop cassante, par un manque de qualité des peaux dû à l'alimentation du bétail ; on doit lui ajouter de l'huile pour lui rendre sa souplesse »... et on ne peut pas la conserver trop longtemps une fois prête.

Quant à "l'assiette à dorer", « maintenant faite de kaolin teinté avec on ne sait quoi, elle se pose en couches plus épaisses qu'autrefois. Si elle est trop grasse, elle refuse l'or ; si elle n'est pas de bonne qualité, plus on la charge de teinte et moins bien elle se comporte ». Et si on la charge de teinte, en lui incorporant de l'aquarelle, de la gouache, de l'encre de Chine, c'est pour obtenir la couleur exacte de l'objet travaillé. Car la couleur est primordiale : elle détermine la teinte de l'or qui sera posé dessus. Selon les époques, elle a varié d'un jaune clair presque blanc à un rouge foncé, mais elle pouvait aussi être orangée ou violacée. « Lorsque l'assiette était d'argile très fine, on l'améliorait avec de la sanguine, et de la mine de plomb qui permettait d'obtenir un brillant naturel ». Maintenant les gisements ont été abandonnés (argile) ou disparaissent (pigments). Pas assez rentables...

Youri Dmitrenko fait face. Pour preuve, « les choix à travers l'histoire du bois doré » qu'il présente à Pregny : depuis le socle XVIe, traité selon la technique italienne du "sgraffito" où c'est « la peinture qui est posée sur l'or, puis grattée pour retrouver l'or et créer des motifs », jusqu'au cadre Louis XVI, époque de « la maîtrise parfaite de la dorure et de la reparure, où le savoir-faire du doreur graveur atteint son apogée ».

Restaurations de bois dorés et polychromes