Objets précieux
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Maison Jobbé Duval – Olivier Jobbé Duval inherited the oldest gilding atelier in France, today representing the fifth generation of this family of gilders and decorators. He has perpetuated his training and experience for more than twenty years, working in monumental decoration, the conservation and restoration of wood gilded with gold-leaf – picture frames, furniture, chairs, wood decors...

« A quoi se voit la qualité d'une dorure ? A la beauté de ses 'brunis'. De ses patines aussi, mais elles dépendent du goût du client. Tandis que la qualité des brunis (ces brillances de finitions qui s'obtiennent en frottant l'or à la pierre d'agate), tout comme celle des mats, dépend de la régularité du support. Si ce support est trop dur, les brunis seront rayés – très rayés. Si le support est trop mou, les brunis seront bosselés... »

La valeur du travail du doreur sur bois réside donc dans l'avant-pose de la feuille d'or. Les objets sur lesquels Olivier Jobbé Duval (cinquième génération de la plus ancienne maison de dorure en France !) a travaillé pour l'exposition de Pregny sont autant d'exercices de style.

La restauration du planétaire XVIIIe a été un pur plaisir : « une gravure très fine sur un très bel objet », où se mariaient l'or vert (sur les fleurs au pied de l'Atlas) et l'or 'Versailles', cet or chaud qu'appréciaient Louis XIV et Louis XV ».

La restauration de la niche à chien Louis XVI a été une reprise à zéro. Leçon de chose : « Il a fallu décaper à sec un apprêt moderne pour atteindre le bois, et resculpter le bois pour redonner de la nervosité aux torsades » avant d'aborder le classique : « Passer les couches de blanc, les gratter, les poncer ; 'reparer' (resculpter la pâte) ; préparer 'l'assiette', en mélangeant colle de peaux et terre (rouge) broyée, puis en laissant infuser ; passer trois couches d'assiette sur le blanc en les laissant sécher ; enlever les impuretés de l'assiette avec un coup de 'chien' (pinceau très dur), puis la poussière du 'chiennage' avec un chiffon très doux... C'était prêt, on pouvait dorer à l'eau ».

Et alors ? « L'eau est à température ambiante. On y trempe un 'mouilleux' (pinceau très doux), on le passe sur 'l'assiette' qui absorbe l'eau. Quand elle est imbibée juste ce qu'il faut, on peut y poser la feuille d'or, qui est happée par l'eau comme par un aimant ». Effet magique garanti pour le spectateur... Et comment pose-t-on la feuille ? On se met une once de crème sur la joue « pour y passer la 'palette' à dorer avant d'attraper la feuille qui ainsi n'adhèrera pas à la palette ».

La dorure d'une applique sculptée par Etienne Rayssac est une création. Et en création, on a le choix des teintes et des matières : « doré, doré bruni, argent, argent bruni, argent et or, platine et or... Inoxydable comme l'or, mais mordoré, le platine a été d'un effet fantastique dans un escalier contemporain ».

Bois dorés à la feuille