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Fernando Moreira is a restorer of art and furniture bronzes, specializing in the 18th century. He demonstrates enormous sensitivity regarding this era when gilded bronze was at its apogee in France, thanks to the royal orders that drew the eyes of Europe to Versailles. And the finesse of his engraving, whether in restoration or reconstitution, gives him a renown that transcends all borders. |
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Son regard dit tout : sa tendresse pour la beauté d'un objet confié, la sensibilité de son jugement, la sensualité de son travail, la délicatesse de ses finitions. La torchère est XVIIIe, le siècle-soleil du bronze doré auquel s'est voué Fernando Moreira avec les mots de la passion : « art amour, amour de l'art ; enthousiasme et réflexion, doute et souffrance : lumière et chaleur de l'objet restauré », ajoutant : « Recevoir et transmettre l'épanouissement du bronze doré aboutit à l'œuvre qui résume l'adresse, le goût et la gaieté des artisans de France »... |
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Le bronze d'art est tendre. Bien plus qu'on pourrait le croire. Fait de cuivre et de zinc, il répond bien au marteau du ciseleur, qui peut y exprimer sa finesse. Rien à voir, sinon le nom qui peut prêter à confusion, avec ce matériau inoxydable et intraitable, formé de cuivre et d'étain, qu'est le bronze de la statuaire de plein air... et des canons. Lancé par Cucci à Versailles, pour remplacer le mobilier d'argent envoyé à la fonte par Louis XIV afin de reconstituer son trésor de guerre, le « bronze doré d'or moulu » s'est épanoui en splendeur sous Louis XV, avec ces grandes commandes qui attiraient vers Paris les regards de l'Europe. C'est ainsi que le XVIIIe est le siècle des duos féconds : duo du bronzier et de l'ébéniste (A.-C. Boulle, Cressent...), dont les meubles de plus en plus délicats se soulignent de filets, moulures, ceintures, frises, acanthes et rocailles en bronze doré – et se cuirassent ainsi depuis les poignées de tiroirs et entrées de serrure jusqu'aux pieds, habillés de sabots. Duo du bronzier et du serrurier, qui transforme en œuvre d'art les boîtes de serrures, verrous, targettes et crémones. Duo du bronzier et de l'horloger (Thuret, Lepaute...) dans les pendules, horloges et cartels. Duo du bronzier et du porcelainier (Sèvres...), pour les montures de vases et de "figures". Duo du bronzier et du marbrier pour la décoration de cheminées ou de consoles, le socle de statues... En fait, le bronzier s'exprime seul dans les instruments du foyer (chenêts) et la gamme des luminaires : flambeaux, candélabres et girandolles, bras et lustres... Seul et avec volupté. Et encore ! Son travail passe ensuite chez le doreur sur métaux. Pour la dorure au mercure à l'époque, que les mesures de sécurité restreignent à de rares ateliers aujourd'hui. Pour le vernis aussi parfois, sur les parties les plus exposées au frottement (poignées, mécanismes..). Pourtant le bronze doré est rarement signé (moins de 40 poinçons XVIIIe, dont Caffieri, Duplessis, Germain, Gouthière, Thomire...). Tradition, modestie ? Ou emprise des "merciers", ces marchands diffuseurs d'œuvres d'art et de curiosités, comme Daguerre, Gersaint, ou Granchez à l'enseigne du « Petit-Dunkerque » ?... |
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