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Atelier von Nagel - Represented by Reinhard von Nagel. The intensive study of historical harpsichords enables him and his work force to build superb harpsichords of classical construction. The instruments are either decorated in one of the early styles or entrusted to contemporary painters such as Marc Chagall, Pierre Alechinsky and Olivier Debré. About one thousand harpsichords represent the Atelier von Nagel in more than thirty countries.

Parce qu'une petite fille avait joué avec les copeaux de l'atelier et caressé une épinette qui attendait là une restauration, elle est repartie avec un sachet de copeaux, et Reinhard von Nagel a reçu commande d'une réplique de l'épinette. L'original était signé « Blanchet, Paris 1710 ». Une des grands signatures du XVIIIe siècle. Oui, mais le clavier à octave courte, idéal pour la musique de l'époque, ne l'était pas pour une enfant d'aujourd'hui. Trop spécifique, trop limité. Or il ne fallait pas troubler le plaisir de la petite fille...

Réflexion faite, l'épinette en aile d'oiseau a été réalisée à partir d'un original plus tardif (Jean Goujon, Paris, 1753), avec un clavier aux touches dans l'ordre habituel. Le décor extérieur de l'instrument avait disparu, celui de la table d'harmonie n'était pas de la meilleure facture. Alors « le décor a été librement créé par Colette Vander Stricht, de l'atelier, dans l'esprit des décors XVIIIe qui ornaient aussi bien des tables d'harmonie de clavecins que des soies peintes » – comme ces soies que l'on retrouve présentées à Pregny, restaurées, sur un paravent monté par la Maison Brazet avec des passementeries Verrier...

Pour un jeune informaticien de génie, qui a fait fortune avec pour formation « le Conservatoire comme tout le monde ! », l'Atelier von Nagel a réalisé un clavecin d'une sensualité certaine, qui attire autant la main que le regard : « le rêve de Philippe Panzini, qui en a suivi la réalisation de très près ». L'instrument est inspiré d'un original, conservé au château de Charlottenburg, construit vers 1710 par le facteur de clavecins de la Cour de Prusse. Un facteur qui travaillait encore dans le style parisien du XVIIe siècle au moment même où les facteurs parisiens abandonnaient le style italo-parisien pour l'école franco-flamande. « C'est un instrument de l'école berlinoise certes, mais qui parlerait allemand avec un accent français à couper au couteau » !

C'est ce type d'instrument qui sonnait sous les doigts de Bach, lorsqu'il était Maître de Chapelle à Cöthen (1717-1723). Habillé aujourd'hui de noir grand soir, en marqueterie d'ébène et d'alisier.

Il y a près de mille clavecins qui sont les ambassadeurs de l'Atelier von Nagel dans le monde, certains décorés par Chagall, Alechinsky, Debré... Pourtant, Reinhard mûrit un projet depuis des années : le plus aérien des clavecins, posé sur un piétement de verre...

Clavecins et épinettes