Présentation

Valoriser les matériaux rares
  pour accompagner les métiers rares


Les artisans :
  un enseignement magnifique


Les Grands Ateliers,
  une histoire de coeur


Au service de l'objet

Une nouvelle aventure

Matériaux interdits ?
  Non. Réglementés !


Célébrer la vie
  dans ce qu'elle a de meilleur


La scénographie: des tiroirs à secrets

Les Grands Ateliers:
  la rigueur de l'exigence


Pour en savoir plus...

 

 

Un cabinet de curiosités est un voyage vers l'extraordinaire. Voyage au cœur de sa propre curiosité d'abord, de sa disponibilité envers l'objet - étonnera, étonnera pas ?... Voyage dans une atmosphère hétéroclite ensuite, d'où se dégage une harmonie particulière. Celle du thème sous-jacent. Ici, il est annoncé, et d'actualité : " Matériaux rares et Métiers rares ". Des matériaux que l'on dit en voie de disparition et que l'on protège comme tels. Des métiers qui les utilisent... tant qu'il y a des hommes qui savent pratiquer ces techniques au plus haut niveau, transmettre ces connaissances héritées de générations, protéger les objets d'art qui en sont composés ou ornés. Diagnostiquer, soigner, anticiper aussi. Dans l'urgence aujourd'hui.

C'est Pregny qui a été choisi pour lancer ce message, qui doit aboutir à une prise de conscience. En inaugurant avec Les Grands Ateliers ce manège restauré avec un soin du détail qui est la signature de la qualité... et en me confiant la traduction en concepts clairs de la thématique choisie.

Dans le Manège, " faisons un rêve ". Un rêve baignant dans une lumière dorée, venue de nulle part, qui souligne l'architecture à douze pans autour du lustre en bronze, qui se précise en éclairage joaillerie sur les objets exposés. Objets bijoux, qu'ils soient géants ou minuscules, qui représentent la fine fleur du travail des Ateliers. Dans une scénographie dont la sobriété les respecte autant qu'elle respecte le lieu et sa vocation d'origine. Avec deux cheminements en " fer à cheval " qui se croisent devant la scène, sur la " piste " que l'on domine depuis la coursive circulaire. Deux cheminements en paliers, dans le même bois de doussié que le parquet, avec pour portants des structures du même métal couleur canon de fusil que les poutrelles du toit, et pour cimaises de grands verres bombés, couleur ambre...

Auparavant, il faut traverser la zone d'urgences, sous la lumière crue de la réalité. L'espace chirurgical où les artisans-médecins qui savent le geste qui sauve et le rôle de chaque outil, aident ces objets d'hier ou d'aujourd'hui à traverser le temps. Il faut passer devant l'établi où on les ausculte et on les soigne - les établis plutôt, de l'ivoirier et de l'écailliste, les métiers directement menacés par les restrictions sur les matériaux de la faune et de la flore... Devant les radiographies qui révèlent des secrets cachés, comme la couronne de clous mise à une vierge en bois. Les broches qui redressent les bois d'un fauteuil estampillé dont la radio confirme la fragilité, et la dentelle des sculptures. Les outils transmis du passé, placés sous vitrine comme ils le seront peut-être un jour, au musée ; et les outils de communication du futur : les ordinateurs où l'on peut consulter les sites des Ateliers - ces ateliers d'ors et de poussière.

Il faut aller sous le Tivoli. Entrer dans cette atmosphère graphique en noir et blanc, papier chiffon et plâtre à gypseries, où fonctionnent la presse à lithographie sur pierre, la presse à impression en taille-douce à la paume, et l'ancien balancier qui frappe la médaille de l'exposition.

Ailleurs, la scénographie laisse place au décor. Sans la contrainte de faire montrer par les artisans ce qu'eux-mêmes ne voient plus. Avec la liberté de raconter le parc de Pregny. Ce jardin extraordinaire où les pelouses à l'anglaise voisinent avec les clématites et la glycine dans les arbres, les tulipes dans la prairie avec les cèdres du Liban, les jardins à la française avec les serres à orchidées... Alors la Cour des Communs, lieu de détente, de conversation, avec sa fontaine aux nénuphars ceinte de banquettes, se gorge de treilles, coloquintes, et feuilles de rhubarbe rose indien ou safran, comme une corne d'abondance de l'automne... La Volière se transpose en une serre imaginaire où, sous un ciel de fougères arborescentes, les fleurs de rocaille poussent dans la mousse et les lichens, les grappes de lianes dégringolent le long des murs, liées au lierre, ponctuées d'orchidées. Où sur chaque table, un symbole de la nature à Pregny est devenu un bouquet bijou. Par un détournement des techniques de l'artisanat vers la décoration. Que les Ateliers ont vécu comme une fraîcheur nouvelle.

Avoir Leïla Menchari en conseil sur un tel projet est un confort fantastique. Elle est l'œil extérieur au regard objectif. Elle utilise les mots qui font réfléchir. Elle dénoue le doute. Elle est la sérénité dans l'urgence. Merci à Leïla du respect qu'elle m'a témoigné.

Merci à mon équipe d'ouvrir mon horizon par ses créations... Equipe à géométrie variable, montée par affinités, elle me conforte dans l'éclectisme de mes choix qui se nourrissent l'un l'autre - scénographie, décor, décor textile pour la haute couture.

Merci à chacun de ceux qui, à Pregny, ont travaillé sur le projet : Patrick ; Charles, Marc, François, les jardiniers ; et Marc le menuisier...

Merci, surtout, à Ariane de Rothschild de m'avoir fait confiance.

Jean-Pierre Ollier
Scénographe de l'Exposition

Scratch the surface and it's urgent

Viewing rare objects is like making a trip into the extraordinary, into a heteroclite, special world. Will we like a particular object, find it arresting, amusing, amazing? Or will we be indifferent? The theme of this exhibit, "Rare Materials and Rare Specialties", is of current interest and concern. It is about materials which are becoming extinct and art objects made of them. It is about the doctor-artisans of Les Grands Ateliers who, using highly sophisticated techniques inherited over generations, know how save those objects and help them live through time...
Diagnose, treat, anticipate also. Today, their job is urgent. My special thanks go to Leïla Menchari, a fantastic advisor, and above all to Ariane de Rothschild, who had confidence in me as I told the story of the extraordinary gardens of Pregny.

Jean-Pierre Ollier
Exhibit Scenographer